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“Il faut impliquer nos salariés dans le changement”: un cliché qui n’en reste pas moins vrai mais qui se traduit en résultats très différents selon les actions qui auront été concrètement mises en oeuvre. Il n’y a qu’à prendre exemple sur les méthodes de consultation de nos gouvernants sur les réformes: on entend les responsables dire qu’ils s’attachent à “consulter les partenaires”, sociaux ou autres, et ces derniers dire qu’ils sont en fait placés devant un fait accompli et nullement impliqués dans le processus de décision. Sachant qu’il y a là bien évidemment un jeu politique, présent aussi toutefois en entreprise, difficile de savoir la vérité.

Pour essayer de rendre plus concret une notion un peu floue, je vous propose ce modèle fixant 5 niveaux d’implication de parties prenantes au changement:

  1. Informer: ce premier niveau se traduit par un simple message, oral ou écrit, du dirigeant aux gens concernés. Ceux-ci ne prennent donc nullement part à la définition du changement. Dans ce cas de figure, le dirigeant doit être certain que la décision qu’il annonce ne suscitera aucun rejet et/ou que sa mise en oeuvre ne nécessite pas d’effort particulier.
  2. Vendre: ce 2nd niveau suppose que le changement présente des bénéfices qu’il est utile de mettre en avant, tout comme les inconvénients du statut quo. Si l’on juge qu’un effort de “vente” est nécessaire, c’est que le changement sera d’autant plus facilement mis en oeuvre que les gens concernés auront compris son intérêt. Ceci étant, ces personnes n’ont dans ce niveau toujours pas individuellement leur mot à dire. Par contre ils peuvent collectivement influer par exemple en bloquant la mise en oeuvre de la décision.
  3. Tester: c’est le premier niveau où les personnes impactées par le changement peuvent réellement influer sur le “produit fini”. Ici, l’apporteur de changement a déjà une solution dont les bénéfices sont clairs mais qui nécessite confirmation et éventuellement quelques ajustements. Cela peut permettre aussi d’identifier des problèmes que l’on n’aurait pas anticipés. Le pouvoir de décision reste toutefois très largement concentré sur le dirigeant.
  4. Consulter: ce 4ème niveau d’implication doit s’appliquer pour des changements dont la mise en oeuvre promet d’être assez complexe, sujette à résistance et pour laquelle il est important de donner la chance aux gens d’apporter leur propre touche. Trop souvent, l’objectif d’une consultation est purement tactique: assurer le soutien d’alliés dans le changement. Or ceci ne sera qu’une conséquence, certes importante, de ce que la consultation doit avant tout viser: susciter des propositions constructives et prendre en compte les meilleures. Si le processus de consultation est sain et fait appel aux bonnes personnes, c’est à dire compétentes et concernées, il y aura nécessairement de bonnes idées à intégrer dans le “produit fini”. Le processus de réforme des retraites rentre dans cette catégorie.
  5. Co-produire: il s’agit ici de donner un vrai pouvoir de décision aux personnes que l’on sélectionnera pour composer les groupes de travail qui produiront ensemble le résultat final. Ce niveau s’applique à un changement dont le meneur n’a qu’une vision, complexe à créer et mettre en oeuvre et pour lequel la contribution de personnes d’expériences et de vues différentes est capital. Je pense que le Grenelle de l’Environnement rentre dans cette catégorie.

Pensez aux changements que vous menez ou qui sont menés vous concernant: quelle est le niveau d’implication actuelle et que devrait-il être?

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1. Introduction

Nous évoquons régulièrement dans ce blog les bonnes pratiques, les précautions à prendre, et les erreurs à éviter pour bien conduire le changement.

Une bonne gestion du projet de changement proprement dit est, cela va de soi, une condition indispensable au succès du projet. Les spécialistes de la conduite du changement soulignent cet impératif, sans toutefois donner d’indications précises sur la méthodologie, ni sur les outils à utiliser.

Les règles fondamentales de la gestion de projet sont bien entendu applicables aux projets de conduite du changement. Dans la plupart des organisations, ces règles sont bien connues des responsables de projets à fort contenu technique. A l’attention des “non spécialistes” de la gestion de projet, voici quelques points importants à prendre en compte avant de se lancer.

2. Qu’est-ce qu’un projet?

Un projet est une entreprise temporaire en vue de créer un produit ou un service unique. Exemples de projets : développement d’un nouveau produit, mise en place d’une nouvelle organisation, lancement d’une campagne marketing, déménagement d’une entreprise…

Un projet a une durée, des moyens, des ressources, et un budget qui sont limités dans le temps. Par contre, les résultats obtenus suite à un projet peuvent être durables, à condition de vérifier régulièrement leur efficacité et leur pertinence en fonction de l’environnement.

3. Qu’est-ce que le management de projet?

Le management d’un projet consiste à appliquer l’ensemble des connaissances, compétences, outils et méthodes aux activités d’un projet pour atteindre les objectifs fixés. Nous allons maintenant nous intéresser de plus près aux outils et méthodes.

D’après le Standish Group, le nombre de projets “bons du premier coup” n’était que de 32% en 2009. Le manque de soutien de la Direction est cité comme la principale cause d’échec. Une analyse plus détaillée montre qu’une mauvaise définition du projet est une cause d’échec majeure (37%) : objectifs imprécis, périmètre modifié, attentes non spécifiées ou non confirmées. Si l’on ajoute à cela un mauvais alignement de l’équipe projet avec l’organisation, on atteint 47% d’échecs. Notons que les taux d’échecs mentionnés ci-dessus sont “toutes causes confondues”, ce qui inclut les projets ayant totalement échoué, les projets ayant dépassé le budget et/ou les délais, et les projets livrés avec des objectifs partiellement atteints. Nous vous renvoyons aux études du Standish Group pour plus de détails.

Mon expérience a montré que les projets de changement sont trop souvent lancés en réponse immédiate à un problème, sans véritable intégration à la stratégie de l’entreprise. L’impact du projet sur la performance de l’entreprise n’étant pas mesuré, les employés ne peuvent pas apprécier son efficacité. D’où la difficulté à obtenir une adhésion forte dans les organisations qui ne tirent pas les leçons, bonnes ou mauvaises, des projets précédents.

4. Quelques clefs de management de projet

Les processus nécessaires au bon déroulement d’un projet sont au nombre de cinq (source = Project Management Institute). Ils sont listés ci-après, avec pour chacun d’eux quelques indications sur leurs éléments constitutifs :

-       Démarrage du projet : objet du projet, domaine d’application, principaux résultats attendus, durée prévue, constitution de l’équipe projet.

-       Planification : découpage des tâches, identification des principales étapes de réalisation avec leurs données d’entrée, leurs données de sortie et leurs interactions.

-       Réalisation : exécution des tâches prévues dans le cadre du projet, assignation et adéquation des ressources, mise à disposition des différents livrables, analyse des résultats.

-       Contrôle : vérification de l’adéquation entre le “prévu” et le “réalisé”, suivi des dépenses, organisation des revues d’avancement, rédaction des comptes-rendus, communication, ajustement en cas de dérive ou problème.

-        Clôture : présentation des résultats obtenus, vérification de la conformité avec l’objectif initial, suggestions d’amélioration.

Enfin, les objectifs du projet doivent être réalistes, chiffrés et facilement vérifiables.

De nombreux projets censés améliorer, simplifier, ou faciliter les choses, sont des échecs parce que la comparaison entre la situation nouvelle et la situation antérieure est impossible. Les partisans du projet vont mettre en avant des exemples pour lesquels “c’est mieux maintenant”, tandis que ses détracteurs vont trouver des situations où “c’était mieux avant”. Les changements dans les programmes scolaires, les aménagements d’horaires, les modifications de procédures destinées à contourner certains problèmes, tout en créant d’autres qui n’ont pas été évalués…rentrent typiquement dans ce cadre. Leurs effets ne sont pas directement vérifiables.

5. Conclusion

J’espère que ce rapide survol du management de projet vous aura aidé à identifier vos points forts et vos pistes de progrès éventuelles afin d’aborder sereinement votre projet de conduite du changement !

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What makes us buy change?

An ex-MBA colleague of mine wrote his final dissertation on a subject close to something like “using the Kotter change leadership framework to acquire new clients”. At the time I really thought it was a bit of a long shot to make this analogy, until I recently received an unexpected request from an entrepreneur struggling to generate sales leads: could I help him develop a new communication strategy that would help him make his prospects want to change, a change that he would bring and help his clients to implement.

This person had spoken about the wall of resistance he was hitting to an HR person that made him aware that change can be lead and managed, something he hadn’t really thought about before. When I think about it now, it does sound trivial: acquiring an initially reluctant client can be a similar process to acquiring senior support and stakeholder engagement in a project. Accidently, just yesterday I came across a tweet mentioning this post from Jo Ann Sweeney’s blog, rightfully reminding us that change cannot be forced or imposed. Success depends on the ability to create the conditions enabling end-users to embrace change, in a similar way that commercial success depends on the ability to create the conditions enabling potential customers to desire a product or service. Jo Ann mentions a useful tool to put this in practice, whether in a sales/marketing or change context: the AIDA model describes the process that will make people buy(-in) a product/project. First grab Attention, then create an Interest, develop it into a Desire and give people the means to turn it into Action.

Another useful way for change leaders to draw upon commercial knowledge is to define the change’s marketing mix (the good old 4P’s):

  • Define the change as a Product: what does it look like? What is it designed to do? What are its key attributes?
  • Determine the change’s Price: what must people give (up) to use the change?
  • Define the Positioning of the change compared to other project, situations and changes at hand
  • Build the Change’s Promotion plan: decide how you will generate Attention, Interest, Desire and Action.

In what other ways do you think commercial and change processes have common ground?

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J’ai récemment évoqué 4 Moyens de Combattre le Déni, billet repris du blog de Rosabeth Moss Kanter du HBR. L’un de ces 4 points était de s’assurer de présenter des faits inattaquables.

Avec l’erreur sur le retrait des glaciers de l’Himalaya, le groupe du GIEC, et au delà toutes les personnes oeuvrant pour un changement des comportements afin de limiter le réchauffement climatique, font actuellement l’amère expérience de ne pas avoir respecté ce point.

Petit rappel de l’erreur:  dans son 4ème rapport le GIEC avait estimé que les glaciers de l’himalaya pourraient disparaître d’ici 2035 en se basant sur des données erronées, comme l’a reconnu lui-même le chef du groupe Rajendra Pachauri. Aussi regrettable soit-elle, l’erreur ne semble pourtant pas remettre en cause l’une des principales conclusions du rapport: la fonte des glaciers de l’Himalaya, des Andes et de l’Hindu-Kush, va s’accélérer au XXIe siècle avec des conséquences  dévastatrices.

Pourtant, cette faute qui fait suite à l’épisode du Climategate, a indéniablement atteint la crédibilité jusque là sans faille du groupe d’experts et ainsi redonné de la voix à ceux qui ne croient pas à la nécessité de changer nos habitudes: “des doutes sur le réchauffement climatique” titrait le figaro il y a quelques jours, peut-être aussi non sans arrière-pensée politique à quelques semaines des élections régionales.

Quoi qu’il en soit, alors que le changement des comportements semblait sur de bons rails, et ce malgré le fiasco de Copenhague, cette campagne pourrait bien freiner le processus en marche. C’est une leçon à méditer pour les meneurs du changement: (faire) vérifier et re-vérifier tous les faits et éléments de l’argumentaire du changement; écouter et comprendre les contre-arguments, y répondre le plus objectivement possible sans adversité. Ces contre-arguments ne viennent pas de nulle part, ils sont forcément fondés sur des croyances et/ou des éléments qu’il faut comprendre.

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Interview intéressante sur LSA.fr de Lars Olofsson, DG de Carrefour en poste depuis 1 an, dont la mission est d’en faire “une entreprise plus efficace, plus agile, et améliorer sa rentabilité”. J’avais été surpris de la nomination de ce suédois, ancien DG et figure historique de Nestlé. Ceci étant, Olofsson a succédé à un espagnol (José-Luis Duran), Renault est dirigé par un brésilien et l’Oréal l’a longtemps été par un gallois. Les grosses écuries du CAC40 ont compris depuis belle lurette la nécessité d’internationaliser leurs équipes de dirigeants, d’autant plus que les fonds de pension et groupes d’investissements internationaux pèsent de plus en plus dans leur capital.

Lars Oloffson explique que 2009 a été consacrée à la définition d’une nouvelle stratégie et 2010 en est l’année de son exécution. Comment s’y prend-il pour mener ce chantier qui concerne avant tout son “G4″ (les 4 principaux marchés de Carrefour que sont la France, la Belgique, l’Italie et l’Espagne)?

L’entretien montre clairement que le dirigeant a choisi de miser sur le changement des équipes:  selon lui, apporter au groupe “un nouveau souffle passe par l’intégration de nouveaux talents” même si ceux-ci ne connaissent pas forcément le marché français. Si l’apport d’un minimum de sang neuf est une bonne chose pour contribuer à changer les habitudes, c’est à mon sens une stratégie à manier avec précaution car trop de nouvelles têtes d’un coup peut contribuer à inquiéter et désengager les collaborateurs. Et puis il y a toujours des erreurs de recrutement. Un manager externe ne sera jamais aussi efficace qu’un manager “du cru” capable de se remettre en question et mobiliser ses équipes autour d’une nouvelle vision. L’idéal étant de combiner les 2: c’est précisément ce que Mandela a fait pour mener à bien sa vision d’une Afrique du Sud arc-en-ciel!

Les prochains moins montreront si Olofsson et ses nouvelles équipes ont trouvé des réponses à ces questions cruciales pour une bonne mise en oeuvre de leur démarche:

  • Les salariés connaissent et adhèrent-ils à la nouvelle stratégie?
  • Dans quelle mesure ressentent-ils la nécessité du changement?
  • Dans quelle mesure sont-ils impliqués dans la réalisation?

Lire l’entretien sur LSA.fr ici

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La communication joue un rôle essentiel lorsqu’il s’agit de faire adhérer les gens au changement. Et la fonction communication est elle-même sujette à une transformation majeure avec la généralisation de nouveaux outils, dits 2.0, plus instantanés et interactifs. Je vous propose ce dialogue avec Isabelle Prigent, blogueuse prolifique passionnée par le sujet.

1. Bonjour Isabelle, ravi de t’accueillir, je t’invite tout d’abord à nous dire un mot sur toi-même, ton parcours et ton activité

Bonjour Christophe, merci de ton invitation ! Je suis consultante en communication d’entreprise indépendante depuis bientôt un an, après avoir passé douze ans en entreprise (neuf ans dans deux sociétés du secteur high tech et trois ans en agence de communication corporate). Avant cela, j’avais fait des études de lettres (maîtrise en lettres modernes) et obtenu un diplôme de troisième cycle en communication. Je voulais depuis longtemps tenter l’aventure du freelance, parce que j’ai un tempérament indépendant, et puis aussi parce que j’aime l’humain, la rencontre, le fait d’aborder des problématiques nouvelles dans des secteurs différents. Aujourd’hui, je travaille pour des grands comptes et des TPE, un jour pour la restauration collective en communication interne, le lendemain en relations presse pour un éditeur de logiciels dans le développement durable, je ne connais pas la routine, et c’est ce qui me plaît !

2. Ton blog,isabelleprigent.wordpress.com, est une belle vitrine de tes talents de communicante et tu livres à tes lecteurs des conseils avisés sur l’utilisation de nouveaux outils de communication, comme twitter, qui te passionnent. En quoi consiste la communication 2.0?

D’abord merci pour tes compliments mon blog ;-) . Concernant la communication 2.0, ce n’est pas encore un terme aussi usité que le Web 2.0, mais il est évident que les métiers de la communication vont être profondément impactés par ces nouveaux outils interactifs que sont Twitter, Facebook, et l’ensemble des réseaux sociaux existants (et à venir, car nous n’en sommes probablement qu’au début du phénomène !).  Il y a quelques années, une société définissait son plan de communication à l’année. Aujourd’hui, c’est au quotidien que des ajustements doivent être apportés pour répondre de manière proactive aux internautes et aux consommateurs qui ont réellement pris le pouvoir (ex : un bad buzz sur Twitter, un groupe “hostile” créé sur Facebook, comment réagit-on ?) ! Je trouve cela très positif et formateur. Concernant les outils, ils ne m’intéressent pas pour eux-mêmes (j’ai raconté sur mon blog mes débuts difficiles avec Twitter, que je considère aujourd’hui comme une mine d’info incontournable !) mais pour la nouvelle dimension qu’ils apportent dans les métiers de la communication. Avant le message allait de l’émetteur au récepteur, et aujourd’hui, le récepteur répond, avec pléthore de moyens à sa disposition. Quand c’est positif, l’impact est démultiplié pour la marque, et idem quand c’est négatif… donc cela augure de belles années de travail pour les communicants !

3. Selon toi, dans quelle mesure les fonctions communications des entreprises ont-elles intégré cette nouvelle dimension? Y-a-t-il des types d’entreprises ou des secteurs plus en pointe que d’autres?

Les sociétés appartenant à des domaines “technophiles” ont souvent été pionnières dans le web 2.0. Mais je pense qu’il ne s’agit pas seulement d’une initiative des communicants. Les dirigeants doivent aujourd’hui s’impliquer dans le dialogue avec leurs cibles pour que la communication soit performante. Et pour cela les communicants ont un vrai rôle de lobbying à jouer envers leurs dirigeants, souvent frileux pour dialoguer avec le grand public. Mais aujourd’hui, c’est devenu indispensable. C’est vraiment une nouvelle ère !

4.  Pour mener à bien la transformation de leur entreprise, les dirigeants, meneurs du changement, doivent communiquer de manière continue avec les parties prenantes, en premier lieu les collaborateurs. Il s’agit d’un principe majeur de conduite du changement. A ton avis, cette communication entre dirigeants et salariés est-elle aussi entrée dans une nouvelle ère? Autrement dit: la généralisation de ces nouveaux canaux de communication (facebook, twitter etc.) impacte-t-elle la façon dont on communique en interne?

Franchement, si les outils “Web 2.0″ commencent à être largement utilisés en communication externe, je n’ai pas l’impression (même si bien entendu, on ne peut pas exactement savoir ce qui se passe au sein de toutes les entreprises lorsqu’on n’y est pas !) qu’ils soient encore d’actualité en communication interne. Et d’ailleurs, si l’on parle plus spécifiquement de conduite du changement, je déconseille d’utiliser seulement de nouveaux outils pour informer les salariés des différents avancements du projets. Il s’agit d’abord de rassurer, en utilisant les canaux habituels (l’intranet par exemple) et parfois de convaincre (en créant des documents ad hoc, par exemple une brochure à chaque étape du projet, de manière à ce qu’ils se sentent à la fois pris en compte et valorisés). Cela dit, l’introduction d’un outil supplémentaire tel que le blog, par exemple, est très intéressante, car cela permet aux salariés de s’exprimer, et à la direction de recueillir “en temps réel” leurs points de vue. Cependant, il y a un vrai travail de fond, au niveau culturel, à réaliser avant l’introduction au sein des entreprises d’outils Web 2.0.  Il subsiste encore beaucoup de freins au dialogue entre dirigeants et salariés. Les premiers préfèrent rester dans leur tour d’ivoire, les seconds craignent un retour de bâton lorsqu’ils s’expriment ouvertement. Il faut vraiment que les deux parties comprennent que l’échange et le dialogue sont constructifs et positifs pour tous. Les cadres notamment sont aujourd’hui très demandeurs de plus de dialogue, cela est probablement dû à la conjugaison de différents facteurs : l’émergence des outils Web 2.0 (Facebook et les sites de mise en réseau – Viadeo et Linkedin, par ex. - sont largement utilisés aujourd’hui par les Français, qui souhaitent avoir accès à des outils équivalents dans le domaine professionnel) dans un contexte de crise, le malaise des salariés de certains grands groupes français qui fait la une des journaux., etc. Une étude de Viavoice, datée de janvier 2010, sur le thème du moral des cadres, confirme d’ailleurs qu’en 2010, c’est la communication interne qu’il faudra améliorer en priorité dans les entreprises

5.  L’introduction d’outils Web 2.0 dans l’entreprise nécessite donc un changement culturel, qui, j’imagine ne peut se faire sans des dirigeants qui s’impliquent fortement. Comment les y convaincre, quels bénéfices les responsables de communication peuvent-ils mettre en avant, puisque tu parlais de leur rôle de lobbying?

Je pense que certains dirigeants, mais certainement pas la majorité, se laisseront convaincre à court terme par l’intérêt d’instaurer un dialogue avec leurs salariés. En France, nous pratiquons essentiellement une communication “descendante” (il ne s’agit donc que d’information des salariés !) et le changement culturel de la communication 2.0 peut je pense être idéalement géré dans le cadre de projets d’accompagnement du changement. Le lobbying interne seul ne suffira pas. Les sociétés se laisseront plus facilement convaincre et guider par des consultants externes, qui, s’ils travaillent avec les équipes de communication interne ou avec des consultants en communication sensibilisés aux problématiques 2.0, pourront aider les entreprises à franchir cette étape avec succès. Les dirigeants qui ont naturellement tendance à limiter les interactions avec leurs salariés se féliciteront rapidement d’avoir mis en place une “communication 2.0″ : le dialogue permet de connaître les salariés et leurs attentes, d’anticiper et de mieux gérer les crises, etc. Les bénéfices se situent au niveau général de l’entreprise (moins de turnover, une meilleure image) que du dirigeant lui-même, qui se rendant plus accessible, sera plus apprécié.

Merci beaucoup pour ton éclairage avisé!

Vous pouvez poursuivre le dialogue avec Isabelle en laissant un commentaire ici ou directement sur son blog.

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Pretty much any recently democratically elected head of state made it to the top thanks to their ability to convince voters they would bring the best CHANGE: change of politics, change of style, change of people. Ironically, this is also true for re-elected candidates: they were able to convince they would bring change in continuity! I have already offered some views in French about Sarkozy’s efforts and here I’d like to mention a few HBR posts that I recently read about President Obama’s ability to implement the change he promised. Of course, the challenge, while commenting politics from a purely “technical” viewpoint is precisely to not be politically biased, which, let’s face it, is a difficult task; so I’m quite happy to give you these two contradicting views on the success of Obama’s change leadership efforts:

The first relates to Obama’s face-to-face meeting with some of his sharpest critics at the Republican party conference in Baltimore, which, according to John Baldoni’s post, was a demonstration of how to face critics and lead under fire, providing 7 key learning points to business leaders:

  1. Show up
  2. Be open
  3. Be cool
  4. Acknowledge your shortcomings
  5. Criticize gently
  6. Smile frequently
  7. Leave them wanting more

What hits me the most in this video is how Obama is desparately trying to keep the discussion on a non-political and non-ideological level. It is an interesting situation that a business leader could well meet when facing union representatives, some of which (at least here in Europe and particularly France) are heavily influenced by an ideology.

The second post, by Ron Ashkenas, uses a change management report card framework based on 4 key ingredients (he mentions that it was created by ” a team of top-academics and consultants” but it probably didn’t require too much creativity as it appears to be a simple selection or rewording of Kotter’s 8 steps model) to assess Obama’s performance:

  • Make the case for change: is precisely what Obama spent his campaign doing, successfully so
  • Create a vision of what will be different: a task in which the president seems to have had mixed results, at least according to Ron Ashkenas, because of his inability to be more specific on the policies he is trying to implement
  • Mobilize commitment to change: the plan that was to build a wide bi-partisan coalition of support, has not been successfully applied yet, despite Obama’s efforts that we just saw. One has to admit that this is probably a much more difficult task in a political context, where behaviours are dictated by the elections agenda and lines of hierarchy are party-based, than in a company where one man is in charge.
  • Generate early successes that build momentum and learning: this is definately a key change success factor that is also compatible with a political agenda because the earlier people will see benefits of new policies the more likely they are to continue to support the people in charge. Again, Ron Askenas’ view is that Obama could have done much better.

Polls as well as the recent democratic Massachusetts senate seat loss confirm that americans expect more tangible results.  More engagement with the republicans and the ability to generate and communicate positive results are certainly required for Obama to regain support.

What do you think he could do better?

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“L’Homme est au coeur de notre stratégie”, “Nos valeurs, ce sont avant tout les femmes et hommes qui composent l’entreprise”, “La motivation et le développement des collaborateurs sont nos priorités”: des envolées semblables à ce qui figure sur de nombreux sites d’entreprise et qui masquent mal une réalité révélée par les résultats de la nouvelle enquête mondiale de Towers Perrin sur l’engagement des salariés:

  • Seul 21% des salariés interrogés dans le monde (et uniquement 12% en France!) se disent engagés dans l’entreprise, c’est-à-dire qu’ils se sentent prêts à fournir un effort significatif pour la réussite de l’entreprise. A noter le faible niveau d’engagement des salariés d’Asie (le plus faible étant le Japon avec 3%) et le bon niveau des salariés de pays émergents  (au premier rang desquels le Mexique avec 54%). Les salariés américains sont à un niveau d’engagement de 29%, soit presque 3 fois supérieur au notre.
  • 38% des salariés interrogés dans le monde (et 47% en France) s’estiment désenchantés (n’assurant que le service minimum) ou désengagés (complètement démotivés, ayant décroché). Là encore, le mécontentement s’exprime le plus en Asie (et toujours le Japon en particulier avec 72% de désenchantés ou désengagés) et le moins dans les pays émergents (16% seulement au Mexique). Les salariés américains sont seulement à 28%. Cela veut dire qu’alors qu’il y autant d’engagés que de mécontents (désengagés ou désenchantés) aux Etats-Unis, il y a en France 4 fois plus  de mécontents que d’engagés!

Un lien direct avec la performance

Quel est le rapport entre un faible niveau d’engagement des collaborateurs et la performance de l’entreprise? Les chiffres présentés par l’étude Towers Perrin sont éloquents: parmi une quarantaine d’entreprises suivies sur une période de 3 ans, celles présentant un bon niveau d’engagement des salariés ont obtenu une marge opérationnelle moyenne d’environ 4% alors que celles dont les salariés sont faiblement engagés présentent un chiffre moyen de -2%.

Des salariés qui ont pourtant faim

Il faut préciser que l’échantillon de salariés interrogés couvre les principaux types de poste et niveaux hiérarchiques, depuis les ouvriers/opérateurs payés à l’heure (11%) jusqu’aux cadres dirigeants (4%). On pourrait effectuer le lien entre le niveau de désengagement des salariés et la part de postes “de base”, très opérationnels, voir même pénibles, qui ne présentent qu’un intérêt faible. C’est une hypothèse qui contient certainement une part de vérité. Un autre résultat de l’étude apporte un autre éclairage intéressant: 84% des salariés interrogés aiment les tâches qui présentent un challenge et permettent d’élargir son champ de compétences. Conclusion: cela vaut la peine pour les managers et responsables RH de se creuser la tête pour savoir comment rendre le contenu des postes plus intéressant et challengeant.

Les facteurs de l’engagement

L’étude permet de dresser une liste des 5 principaux facteurs d’engagement des salariés: qu’est-ce qui pousse un salarié à s’engager dans la réussite de l’entreprise et donc à s’investir davantage? Mondialement comme en France, le premier facteur évoqué par les salariés est l’intérêt sincère que porte les dirigeants au bien-être de leurs employés. Ensuite les facteurs suivants varient entre monde:

  • Améliorer ses compétences et capacités
  • La réputation de l’entreprise en terme de responsabilité sociale
  • Opportunité de peser sur les décisions de son département
  • L’entreprise résout rapidement les problèmes des clients

et France:

  • L’entreprise encourage l’esprit d’innovation
  • Améliorer ses compétences et capacités
  • La réputation de l’entreprise en terme de responsabilité sociale
  • La relation avec son supérieur hiérarchique

Engager ses collaborateurs demande donc de l’empathie et particulièrement en France d’encourager l’esprit d’innovation. Celui qui par exemple permet à Apple de nous enchanter par ses nouvelles trouvailles et de générer 1,6 Mds de $ de profit avec seulement 3% de parts de marché, à comparer avec les 1,1 Mds de $ de profit de Nokia pour 35% de parts de marché (lire l’excellent billet de Gary Hamel à ce sujet et l’étude Towers Perrin).

Le changement offre des opportunités fantastiques aux dirigeants pour mettre en oeuvre ces facteurs d’engagement:

  • S’impliquer auprès de ses salariés pour comprendre comment ils perçoivent et ressentent un changement et ainsi leur montrer cette attention qu’ils demandent
  • Donner les moyens à ses salariés de participer à un nouveau projet qui les sortira de la routine de l’opérationnel, leur donnera de nouvelles responsabilités et de nouvelles compétences et leur permettra de se découvrir de nouveaux talents
  • Changer de perspective, travailler sous un nouvel angle avec ses salariés sur le projet de changement et ainsi favoriser le dialogue, la communication.


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Tout d’abord 2 définitions pour tenter de concrétiser le concept parfois un peu flou d’entreprise 2.0, qui se décline désormais dans l’ensemble des fonctions, processus et systèmes de l’entreprise:

  • La gestion de projet 2.0: Olivier Laquinte, consultant québécois, nous livre sa définition, une bonne synthèse d’articles anglophones et francophone sur le sujet. Je retiendrai principalement que la gestion de projet dite 2.0 n’est pas une révolution, mais une nouvelle approche favorisant la communication et la collaboration au sein d’un projet, en s’appuyant sur des nouveaux outils à cet effet.
  • La RH 2.0: David Guillocheau nous livre sur son bloc-note un tableau complet et concret de pratiques 2.0 pour chaque processus RH. Avec l’explosion des réseaux sociaux, il est clair que les recruteurs ont changé de méthode de recherche et sélection; avoir un profil bien présenté et appuyé par des références est devenu indispensable pour les candidats. En outre, de même que l’image de l’entreprise est devenue extrêmement volatile et périlleuse à gérer car à la merci des commentaires sur les forums du Web, la “marque employeur” est soumise aux mêmes contraintes. Il n’est plus possible d’afficher des valeurs qui ne correspondent pas à la réalité. Pour les responsables RH qui ne seraient pas convaincus, visiter ce site: http://www.notetonentreprise.com/

L’écoute de l’ensemble des personnes concernées par un changement est essentielle dans une démarche de conduite du changement et pour cela il ne suffit pas de tendre l’oreille, il faut déjà poser les bonnes questions. Melissa Dutmers, consultante américaine nous propose une série de questions ouvertes à cet effet, qu’il m’a semblé intéressant de traduire et compléter:

  1. Que pensez-vous de ce changement?
  2. Que ressentez-vous par rapport à ce changement?
  3. Comment voyez-vous votre rôle dans ce changement?
  4. Quelle est votre expérience de ce type de changement?
  5. Comment serez-vous et votre travail impactés par ce changement?
  6. Dans quelle mesure ce changement est-il nécessaire selon vous?
  7. Qu’est-ce qu’il vous paraît important de faire pour réussir ce changement?
  8. Je vous invite à compléter!
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I couldn’t seriously have this change leadership blog without mentioning the work of John Kotter. His 8 steps for leading change model formed the basis of the knowledge and experience I personaly gathered in the field, first during my MBA, then in the consulting firm where I was employed. For those who are not familiar yet with these 8 steps, based on research about why transformation efforts fail, here they are :

  1. Create a sense of urgency
  2. Creating the guiding coalition
  3. Developing a change vision
  4. Communicating the vision for buy-in
  5. Empowering people and removing barriers
  6. Generating short-term wins
  7. Don’t let up
  8. Make change stick

This recipe for success has always been present in the change projects I worked on through various ways: to help designing the change program, to help analysing problems and identifying their solutions, to get new ideas and simply to use as a checklist during the change effort. My personal learning from applying the model and from hearing senior professionals advices, has told me that:

  • The steps don’t necessarily have to be chronological, ie you can do step 3 while you’re doing step 1 and in fact…
  • Step 1, creating the sense of urgency is continuous, it hardly ever ends because feeling this urgency during the whole process is what fuels people to action; and so as Kotter explains himself below, it is probably the most important of all steps

It seems to me (please tell me if you think I’m wrong) that no other framework has had such an impact on the way change is lead. A lot of people, consultants firms have come up with their own model, many of which are adaptations of Kotters in 3, 5 or 9 steps.

From knowing to doing

Nevertheless, one could argue that despite the widespread use of the model, the organistations’ ability to lead change hasn’t really improved:  success rate remains stuck at a worrying 30% . What does it mean? Is the model outdated? Do we need something new?

In his excellent online community of change mangement professionals, Rick Maurer, while looking for ideas for his next book, sparked a very interesting debate about what people felt was missing in the current literature. The conclusion was: nothing is, but what people need to do is to close the gap between knowing and doing. In other words, moving from doing the right thing to doing it right. To me that fits very much with what I’ve seen happening in organisations recently. An example of that is the necessity to generate quick wins. A lot of managers talk about quick wins but there are enormous differences in what they each call a quick win and how they actually make it happen. The same thing applies to  ”involving”: “we need to involve those guys” is what we hear all the time; yes that’s easily said but how? Do you consult them, do you empower them or do you just inform them?

This knowing-doing gap is probably one of the biggest challenges everybody faces today, because all the ideas, models, recipes, tools, methodologies are available, but what do we do, practically, what actions do we take and how? This is precisely why external help is still necessary but perhaps in different ways (many of you will be more qualified than me to verify that statement): more than knowledge it’s about skills like creativity, analysis, communication, rigour, energy and drive.

Kotter 2.0

So what does this leave us with, with regards to Kotter? The model is still valid as Kotter’s own research seems to prove and we need to get better at applying it by closing this knowing-doing gap. As we enter the entreprise 2.0 era, we have lots of new possibilities to communicate more interactively, to empower and collaborate, all of which are key levers to help us implement the strategy dictated by the 8 step model.

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