Interview intéressante sur LSA.fr de Lars Olofsson, DG de Carrefour en poste depuis 1 an, dont la mission est d’en faire “une entreprise plus efficace, plus agile, et améliorer sa rentabilité”. J’avais été surpris de la nomination de ce suédois, ancien DG et figure historique de Nestlé. Ceci étant, Olofsson a succédé à un espagnol (José-Luis Duran), Renault est dirigé par un brésilien et l’Oréal l’a longtemps été par un gallois. Les grosses écuries du CAC40 ont compris depuis belle lurette la nécessité d’internationaliser leurs équipes de dirigeants, d’autant plus que les fonds de pension et groupes d’investissements internationaux pèsent de plus en plus dans leur capital.
Lars Oloffson explique que 2009 a été consacrée à la définition d’une nouvelle stratégie et 2010 en est l’année de son exécution. Comment s’y prend-il pour mener ce chantier qui concerne avant tout son “G4″ (les 4 principaux marchés de Carrefour que sont la France, la Belgique, l’Italie et l’Espagne)?
L’entretien montre clairement que le dirigeant a choisi de miser sur le changement des équipes: selon lui, apporter au groupe “un nouveau souffle passe par l’intégration de nouveaux talents” même si ceux-ci ne connaissent pas forcément le marché français. Si l’apport d’un minimum de sang neuf est une bonne chose pour contribuer à changer les habitudes, c’est à mon sens une stratégie à manier avec précaution car trop de nouvelles têtes d’un coup peut contribuer à inquiéter et désengager les collaborateurs. Et puis il y a toujours des erreurs de recrutement. Un manager externe ne sera jamais aussi efficace qu’un manager “du cru” capable de se remettre en question et mobiliser ses équipes autour d’une nouvelle vision. L’idéal étant de combiner les 2: c’est précisément ce que Mandela a fait pour mener à bien sa vision d’une Afrique du Sud arc-en-ciel!
Les prochains moins montreront si Olofsson et ses nouvelles équipes ont trouvé des réponses à ces questions cruciales pour une bonne mise en oeuvre de leur démarche:
- Les salariés connaissent et adhèrent-ils à la nouvelle stratégie?
- Dans quelle mesure ressentent-ils la nécessité du changement?
- Dans quelle mesure sont-ils impliqués dans la réalisation?
