J’ai récemment évoqué 4 Moyens de Combattre le Déni, billet repris du blog de Rosabeth Moss Kanter du HBR. L’un de ces 4 points était de s’assurer de présenter des faits inattaquables.
Avec l’erreur sur le retrait des glaciers de l’Himalaya, le groupe du GIEC, et au delà toutes les personnes oeuvrant pour un changement des comportements afin de limiter le réchauffement climatique, font actuellement l’amère expérience de ne pas avoir respecté ce point.
Petit rappel de l’erreur: dans son 4ème rapport le GIEC avait estimé que les glaciers de l’himalaya pourraient disparaître d’ici 2035 en se basant sur des données erronées, comme l’a reconnu lui-même le chef du groupe Rajendra Pachauri. Aussi regrettable soit-elle, l’erreur ne semble pourtant pas remettre en cause l’une des principales conclusions du rapport: la fonte des glaciers de l’Himalaya, des Andes et de l’Hindu-Kush, va s’accélérer au XXIe siècle avec des conséquences dévastatrices.
Pourtant, cette faute qui fait suite à l’épisode du Climategate, a indéniablement atteint la crédibilité jusque là sans faille du groupe d’experts et ainsi redonné de la voix à ceux qui ne croient pas à la nécessité de changer nos habitudes: “des doutes sur le réchauffement climatique” titrait le figaro il y a quelques jours, peut-être aussi non sans arrière-pensée politique à quelques semaines des élections régionales.
Quoi qu’il en soit, alors que le changement des comportements semblait sur de bons rails, et ce malgré le fiasco de Copenhague, cette campagne pourrait bien freiner le processus en marche. C’est une leçon à méditer pour les meneurs du changement: (faire) vérifier et re-vérifier tous les faits et éléments de l’argumentaire du changement; écouter et comprendre les contre-arguments, y répondre le plus objectivement possible sans adversité. Ces contre-arguments ne viennent pas de nulle part, ils sont forcément fondés sur des croyances et/ou des éléments qu’il faut comprendre.
