Le changement par l'initiative

“C’est moi qui fais tout seul!”: les parents reconnaîtront cet ultimatum émis assez fréquemment (en ce qui me concerne) par leurs enfants lorsqu’il s’agit de faire quelque chose de nouveau pour eux. Et même si le geste est laborieux, on voit la fierté qu’ils ressentent à prendre cette part supplémentaire d’autonomie. En voyant cela, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le monde du travail lorsque des gens cherchent à s’approprier un changement. On évoque souvent, particulièrement en France, notre capacité à résister au changement voir à le saboter. Il faut aussi parler de cette sorte de spirale vertueuse qui prend forme lorsque des personnes, sensibilisées à la nécessité du changement, décident d’elles-même d’agir à leur niveau pour contribuer au mouvement.

Quelques exemples rencontrés:

- des techniciens de maintenance de bus municipaux qui, dans le cadre d’un plan climat énergie, prennent l’initiative trouvent elles-mêmes les solutions pour réduire l’impact environnemental (exemple entendu de la bouche d’une responsable de Roanne au cours d’un séminaire en Rhône-alpes)

- des analystes et responsables de risque de crédit d’un établissement financier qui collaborent à travers les différentes entités pour définir les outils méthodes de reporting et monitoring de risque les plus efficaces, bien d’avantage que les “experts en central” ne l’auraient fait.

- des opérateurs, ingénieurs et responsables marketing d’un producteur de plaques de plâtre qui abattent les silos pour mettre en place une vraie qualité produit (non pas la qualité ISO mais la qualité “client”).

J’en passe. Dans tous ces cas, les responsables de projet/démarche avaient compris, dés le début ou à l’issue d’un processus, que le changement ne se ferait jamais aussi bien qu’en permettant aux acteurs de construire leur propres solutions. C’est là une clé essentielle de conduite du changement, ce que l’on pourrait appeler pompeusement la partie “bottom up”: mettre en place les conditions pour susciter l’initiative auprès des acteurs. C’est tout simplement leur donner un terrain de jeu.

 

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